Depuis décembre 2008, les prévisionnistes de Météo-France disposent d’un nouveau modèle de prévision du temps : AROME *. Développé par les chercheurs et prévisionnistes en collaboration avec des partenaires nationaux et européens, il permettra d’améliorer la prévision de certains phénomènes météorologiques, potentiellement dangereux, aux échéances de 3 à 30 heures.
L’amélioration constante des modèles de prévision du temps est une priorité pour Météo-France. L’objectif est de permettre aux prévisionnistes de progresser dans l’anticipation et la localisation des phénomènes météorologiques. Les enjeux sont multiples :
de sécurité lorsqu’il s’agit d’alerter les pouvoirs publics et la population de l’arrivée d’un phénomène à risques,
économiques lorsqu’une entreprise a besoin d’une information météorologique très fine pour organiser son activité.
AROME appartient à une nouvelle génération : les modèles régionaux à maille très fine, progressivement déployés par les services météorologiques les plus avancés. Il est innovant à plusieurs titres : sa résolution particulièrement fine de 2,5 km ; la prise en compte de 250 types de surface (lacs, végétation, surfaces urbanisées …) ; sa capacité à intégrer de nouvelles observations issues des satellites, radars … et à simuler les processus physiques qui se produisent au sein des cumulonimbus, nuages à l’origine des orages.
Alimenté par les modèles de plus grande échelle, ARPEGE et ALADIN, AROME fournit aux prévisionnistes de Météo-France de nouvelles prévisions détaillées de l’évolution de l’atmosphère au-dessus de l’Hexagone pour les échéances de 3 à 30 heures, par pas horaire. Ainsi ils peuvent mieux prévoir certains phénomènes météorologiques locaux, complexes et potentiellement dangereux : les orages, les pluies intenses, certains vents (brise de mer, effets liés au relief…), des brouillards ou encore la formation d’îlots de chaleur urbains en été.
Après six mois d’exploitation, les premiers résultats d’AROME sont prometteurs : le modèle permet déjà de délimiter plus précisément les zones exposées aux risques de fortes précipitations, et de mieux prévoir le détail des champs de vents, le brouillard et les nuages bas. Météo-France poursuivra le développement de ce modèle pour combler ses défauts de jeunesse et améliorer encore sa finesse et sa capacité à représenter les phénomènes au voisinage du sol (brouillard, neige, température).