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> Diffusion du virus de la grippe pandémique par les systèmes de ventilation -- Une protéine bouclier contre la grippe

En cas de circulation de virus Influenza pandémique (niveau d’alerte 6), l’Afsset recommande de mettre en œuvre dans les bâtiments des mesures de protection dans un ordre prioritaire. Ces recommandations sont une première : il n’y avait pas jusqu’ici de recommandations pour les gestionnaires de bâtiments en cas de pandémie grippale.
Des équipes de l’INRA et de l’Inserm publient des résultats qui pourraient constituer une piste vers un nouveau traitement contre cette maladie.


L’Afsset rend son avis sur les risques de diffusion du virus de la grippe pandémique par les systèmes de ventilation
> Pour tout savoir et télécharger l’avis et le rapport "Évaluation du risque sanitaire pour l´homme lié à la présence de virus Influenza pandémique dans l´air des bâtiments et à sa propagation éventuelle par les dispositifs de ventilation"

En cas de circulation de virus Influenza pandémique (niveau d’alerte 6), l’Afsset recommande de mettre en œuvre dans les bâtiments les mesures de protection suivantes, dans l’ordre prioritaire :

1. D’abord et avant tout appliquer rigoureusement les mesures de protection sanitaire individuelle du plan national « pandémie grippale » : hygiène respiratoire, lavage régulier des mains et port du masque pour les personnes présentant des signes d’infection respiratoire.

2. Protéger les occupants de bâtiments collectifs : inviter les personnes potentiellement contaminées à ne pas fréquenter les bâtiments publics et les immeubles de bureau ; éviter les rassemblements dans une même pièce (favoriser le télétravail et les réunions téléphoniques). A défaut, préconiser une distance de sécurité d’au moins 2 mètres entre chaque personne.
Par ailleurs, si une opération de maintenance des conduits de ventilation doit être faite, il est recommandé que l’opérateur porte un masque haute filtration (type FFP2) et des gants jetables. Cependant l’Afsset ne recommande pas de décontaminer les conduits pour lutter contre le virus ; cette décontamination n’a pas d’effet prouvé

3. Prendre, en complément, des mesures particulières sur la circulation de l’air dans les bâtiments : aérer plusieurs fois par jour pour diluer les virus, en ouvrant les fenêtres dix minutes. En plus, dans les bâtiments dotés de ventilation mécanique simple ou double flux, maintenir la ventilation et fermer les portes.

Dans le cas des bâtiments collectifs équipés d’une centrale de traitement de l’air (climatisation centralisée), maintenir l’apport d’air extérieur et arrêter, si possible sans autre inconvénient, le recyclage. Cependant, lorsque le découplage du recyclage n’est pas possible, il convient de maintenir le fonctionnement complet de la centrale de traitement de l’air.

Avec ces recommandations, l’Afsset renoue avec la longue tradition des mesures simples et efficaces de protection contre des virus alors même que toutes les informations sur la virulence et la contagiosité des virus possibles ne sont pas disponibles.

Ainsi ces recommandations s’appliquent aussi bien au virus de grippe A (H1N1) en circulation actuellement qu’au virus H5N1 hautement pathogène, s’il devait devenir un virus pandémique.

Pour établir ces recommandations, l’avis de l’Afsset a exigé un travail très lourd de 2 ans d’expertise. Il a été commandité dès 2006 par le Délégué interministériel à la lutte contre la grippe aviaire, le Pr Didier Houssin. L’Afsset a alors constitué un groupe de travail rassemblant dix experts d’envergure nationale dont les travaux ont été soumis au jugement des comités d’experts spécialisés « air » et « eau » de l’Afsset.

Des tests en « grandeur nature » sur des bureaux témoins ont été réalisés dans le laboratoire d’essai du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

Une protéine bouclier contre la grippe (Inra / Inserm)
> pour en savoir plus sur le site de l’Inra

Alors qu’une nouvelle épidémie de grippe a récemment fait son apparition dans le monde, des équipes de l’INRA et de l’Inserm publient des résultats qui pourraient constituer une piste vers un nouveau traitement contre cette maladie. Dans un article publié dans « The Journal of Immunology » du 15 juin 2009, les chercheurs ont montré qu’une protéine membranaire appelée PAR2, peut jouer un rôle protecteur lors d’une infection par un virus H1N1. L’activation de ce récepteur PAR2, maillon important du système immunitaire, induit chez la souris une production accrue de cytokines qui neutralisent le virus en bloquant sa réplication. Des études complémentaires sont nécessaires pour vérifier l’efficacité de ce rôle protecteur contre les multiples souches du virus de la grippe.

Lorsque le virus de la grippe entre en contact avec notre système respiratoire, il déclenche une « cascade » de réactions rapides mettant en jeu un grand nombre de protéines. Les chercheurs se sont intéressés au rôle de l’une d’entre-elles, le récepteur membranaire PAR2 (Protease-activated receptor 2), présent en grandes quantités sur la membrane des cellules de la trachée.

Jusqu’alors, on savait que PAR2 participait de façon importante à la réponse immunitaire de l’organisme. En revanche son rôle lors d’une infection de type viral était pressenti mais non encore démontré chez l’animal. C’est maintenant chose faite.

Pour en savoir plus, consulter également les rubriques du Portail santé-environnement-travail qui présentent les informations de référence des partenaires du portail :
> Grippe A/H1-N1
> Grippes (saisonnière, aviaire, A/H1N1)




© Anses - mise à jour le : dimanche 5 septembre 2010